Extrait du livre Utøya

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Quand je pose le pied sur le quai, l’île s’empare de moi. Ciel sombre, air froid, terre humide. Entre le gris du ciel et de l’eau, une nappe de verdure au milieu du tableau. De l’herbe, quelques arbres. Le vent glacé qui balaie le fjord coupe l’air à l’horizontale, décharne la roche friable des rivages, se heurte aux piliers noirs de la forêt, des pins à l’écorce effritée, écorchés par le vent. On dit du vent des fjords qu’il mord les arbres.

L’arôme des résineux est fort, froid et piquant, mêlé à une odeur de grand large et d’eau stagnante. Un mélange de senteurs connu des seuls Norvégiens. Il y a aussi une curieuse émanation de neuf, de plastique et de caoutchouc. Une odeur de faux, de made in Taiwan. La brise électrifie la sueur de mon cou. Le cri des mouettes s’en va dans les souffles du soir. Dans le lointain, le bruit d’un bateau à moteur. Encore plus loin, des cris d’enfants. Des jeux. Sensation de vertige.

L’extrait complet sur le site Ring.fr

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