Laurent Obertone révèle les dessous de la promotion d’Utøya

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David Doucet, sans les dents

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Le bot-journaliste des Inrocks David Doucet n’a pas pondu sa rédaction niveau CM2 (copiée sur celle du bot-journaliste David Caviglioli) par hasard.

Victime d’un bolossage en règle parce qu’il prenait des photos dans un « quartier sensible » du 9-3, le gars Doucet ne s’était pas une seconde départi de ses réflexes militants, puisqu’il a signalé aux policiers qu’une personne l’ayant incité à partir au plus vite (après une agression de deux minutes) était « d’origine africaine ». En revanche David Doucet ne pipa mot sur l’origine des agresseurs. Le choc, vous comprenez.

« Peut-être que l’appareil photo, qui pouvait ressembler à une caméra, n’était pas adapté. Je ne vais pas revenir tout de suite dans une cité, mais ça ne change rien pour moi. »

Comme je le disais à la fin de mon premier livre, une telle déclaration avec du sang plein la bouche, c’est 300 points sur l’échelle de la morale taubiresque.

 À l’occasion de cette émouvante rencontre entre la réalité et un journaliste des Inrocks, je m’étais proposé de lui offrir un exemplaire de La France orange mécanique. D’où sa comique petite crise à retardement. 

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Ce sera jamais

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Chers lecteurs,

Je viens d’être décommandé de Ce soir ou jamais, chez Frédéric Taddeï. J’avais reçu une invitation hier pour participer à l’émission de ce soir, un débat sur l’insécurité avec un sociologue de gauche (pléonasme), Fabien Jobard, accessoirement gendre d’Edwy Plenel. 
C’est la deuxième fois que cette émission annule mon invitation sans raison crédible ni valable. Font-ils des programmes n’importe comment au mépris des invités, ou sont-ils sensibles aux pressions de certains ? 
Quoiqu’il en soit, le climat de guerre civile dans lequel se trouve notre pays n’est pas leur priorité. Parlons du viol, mais en Inde, parlons des militaires, mais en Syrie, parlons de la réinsertion, mais pas des victimes. 
Parlons de tout, sauf de ce qu’on a sous les yeux. Je le dis sans haine et sans crainte, ces gens-là sont en train de créer les conditions objectives d’une guerre civile. 

Victimes, voilà ce que j’aurais simplement voulu vous dire, si l’on m’avait donné la parole : ne désespérez pas. 
Ces gens-là seront balayés par le réel. 

Laurent Obertone

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Extrait du livre Utøya

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Quand je pose le pied sur le quai, l’île s’empare de moi. Ciel sombre, air froid, terre humide. Entre le gris du ciel et de l’eau, une nappe de verdure au milieu du tableau. De l’herbe, quelques arbres. Le vent glacé qui balaie le fjord coupe l’air à l’horizontale, décharne la roche friable des rivages, se heurte aux piliers noirs de la forêt, des pins à l’écorce effritée, écorchés par le vent. On dit du vent des fjords qu’il mord les arbres.

L’arôme des résineux est fort, froid et piquant, mêlé à une odeur de grand large et d’eau stagnante. Un mélange de senteurs connu des seuls Norvégiens. Il y a aussi une curieuse émanation de neuf, de plastique et de caoutchouc. Une odeur de faux, de made in Taiwan. La brise électrifie la sueur de mon cou. Le cri des mouettes s’en va dans les souffles du soir. Dans le lointain, le bruit d’un bateau à moteur. Encore plus loin, des cris d’enfants. Des jeux. Sensation de vertige.

L’extrait complet sur le site Ring.fr

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Droit de réponse de Laurent Obertone à Bastien Hugues

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« TROIS CHOSES À SAVOIR SUR BASTIEN HUGUES, LE JOURNALISTE FÉTICHE DES JOURNALISTES »

    1. Bastien Hugues serait journaliste, mais…

    Il se contente de piquer des informations à ses petits camarades, pour écrire un article sans la moindre valeur ajoutée. Il vole une photo et l’utilise sans mention légale. Il ne vérifie pas les calomnies de Plenel mag et les tient pour avérées. Il me prête des propos que je n’ai pas tenus sous prétexte que je ne les ai pas démentis (???), ce qui lui vaudra d’être du procès, le dernier endroit où il faut être pour les bots-journalistes. Il a été formé à l’IUT de LANNION (DUT de journalisme),  école qui n’était pas reconnue par la profession à l’époque de son diplôme.

Il écrit un article à charge sans prendre la peine de contacter l’auteur dont il parle, belle leçon de déontologie. Seule l’Humanité a pour l’instant osé en faire autant, c’est dire.

Il s’imagine qu’un journaliste ne peut pas critiquer ses confrères, mais rien à voir avec une caste non non non. Il ne vérifie pas ses « sources » (recherche Google) et me prête un parcours qui n’existe pas. Il écrit que j’ai été abasourdi « par les faits divers dont il a à traiter », faisant montre de toute l’élégance d’un style qui le confine sans doute là où il est, qui explique peut-être l’aigreur certaine de cet individu que je ne connais pas et qui s’acharne sur moi depuis plus d’une semaine, en caressant le secret espoir d’être le procureur le plus en vue de ce procès de Moscou.

Compétition morale, quand tu nous tiens…

2. Bastien Hugues aurait des lunettes, mais…

    Il pinaille sur tous les chiffres sans vraiment les contester (et pour cause), ignore superbement les victimes, sa seule préoccupation étant de qualifier d’hérétique celui qui en parle.

    Comme Caron, il ne voit pas que son mépris, son aigreur et ses dénégations absurdes ne font qu’éloigner de lui les gens qui ont des yeux pour voir.

    Pour prétendre que les journalistes ne sont pas de gauche, il faut nécessairement être l’un d’entre eux. Toute ressemblance avec ses clones n’est peut-être pas si fortuite que ça.

    Bastien Hugues ne cherche pas à vérifier qu’il y a bien 200 viols tous les jours (pourtant France 2, sa propre chaîne, l’a confirmé avant hier soir dans un reportage), ce n’est pas son problème, les recherches Google ne sont pas formelles. Ce qui est grave, pour lui, c’est qu’on en parle et que ça intéresse les gens.

    Bastien Hugues fait semblant de ne pas voir que l’accusation de racisme est la pire des infamies, puisque celui qui la subi ne peut que tenter de s’en justifier sans succès, et on ne va quand même pas prêter du crédit aux explications d’un campagnard inconnu.

    La bonne vieille tactique des vipères lubriques. Bastien Hugues n’est pas là pour voir, il est là pour aveugler.

3. Bastien Hugues serait un gauchiste, mais…

    Il n’hésite pas, avant de rétro-pédaler, à divulguer publiquement ce qu’il croit être l’identité d’un auteur visé par de nombreuses menaces de mort, ce que j’ai fait savoir à maintes reprises et qu’il ne pouvait ignorer. Belle leçon d’humanité.

    Il affiche fièrement son mépris de cet inconnu, de ce fils d’agriculteur venu d’on ne sait où, apparemment même pas membre du PS, dont la « légitimité » pour donner son avis sur quoi que ce soit est « questionnée ». Vos papiers, mon petit bonhomme, vous n’êtes pas du sérail. On ne va pas quand même pas laisser passer un pécore qui n’a pas eu notre tampon et qui entend briser notre monopole de l’information. Une belle idée de l’égalité républicaine.

    Encore une fois, ce n’est pas le livre qui l’intéresse, mais l’auteur. Un article intégralement ad hominem, voilà le vrai journalisme. Bien entendu, Bastien Hugues se garde de donner ses chiffres, son analyse, sa vérité sur l’insécurité. Comme c’est curieux. Le débat public, oui, mais uniquement sur la légitimité de ceux qui ne pensent pas comme lui.

    Pour Bastien Hugues, la diversité n’existe pas : toutes les communautés du monde sont parfaitement adaptées à toutes les sociétés du monde. Aucune d’entre elle ne peut par conséquent être sur-représentée dans la délinquance, où que ce soit. Malek Boutih est sans doute un affreux raciste. Les chercheurs et les statisticiens aussi.

    Comme tous ses petits camarades, Bastien Hugues s’efforce de ne pas montrer la moindre empathie pour les victimes. Il ne s’est jamais intéressé à elles, il ne va pas commencer maintenant. Ce qui l’intéresse, c’est qui a aimé ou non mon livre. À partir de là, Bastien Hugues stigmatise et amalgame. Le plus beau métier du monde.

     Bien entendu, sous son article, Bastien Hugues ferme les commentaires. Démocratie oblige. »

Laurent Obertone, le 10 mars 2013

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Réponse de Laurent Obertone à « La Nouvelle Édition » (Canal+)

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D’abord, j’ai de la chance. Ali Baddou annonce que j’ai pris un pseudo mais qu’ils m’ont quand même rencontré (?). J’ai eu peur jusqu’à la dernière seconde qu’ils confondent le visage du pseudonyme avec le mien, il paraît que je me ressemble.

Mon livre serait « écrit pour nous faire peur », alors que je n’ai jamais eu l’intention de faire cligner des yeux les gens de Canal+, il faut être raisonnable.

D’emblée, dérapage. Le reporter Gaël Legras stigmatise un « couple de maghrébins » aperçu dans le trailer. Pour lui, c’est suspect, la vidéo pourrait probablement les désigner comme des agresseurs potentiels. J’y voyais, comme les motion makers Ring, deux paisibles retraités, potentielles victimes…

Gaël, attention aux préjugés, personne n’est à l’abri. Soyons vigilants. Cela dit, ça devait arriver, surtout après avoir consommé une salade auvergnate (Brice, si tu nous regardes) en ma compagnie.

D’après Canal+, je « dis » avoir 28 ans, alors que c’est évident que j’en ai 65. J’ai oublié de présenter mes papiers. Ensuite, Gaël résume (c’est le moins qu’on puisse dire) mon bouquin, nous parle des sur-socialisés et me laisse (trop d’honneur) expliquer que ces derniers théorisent l’excuse des sous-socialisés. Pour nous prouver que c’est faux, il interroge un « spécialiste », visiblement entre deux parties de Monopoly, qui affirme que mes chiffres « c’est de la très profonde malhonnêteté et c’est vraiment faire injure aux victimes ».

Je serais curieux de comprendre comment ces chiffres, dont jamais personne ne parle alors qu’ils sont validés par Manuel Valls, Philippe Bilger, Nicolas Comte, Mohamed Douhane ou Laurent Mucchielli, pourraient injurier les victimes. La réalité n’est une injure que pour son bot-spécialiste, un Mucchielli bis, qui habite en Seine-Saint-Denis, qui a un Monopoly sur sa table et un chat sur son radiateur, preuve indéniable qu’il est proche du peuple (sans pour autant basculer dans le populisme).

À propos des homicides, le « spécialiste » s’essaie à l’humour en caricaturant mes propos. Visiblement, sortir de sa spécialité ne lui réussit pas. Canal+ ne diffuse pas ma réponse.

Voilà, une heure d’entretien filmé pour en terminer là. Conclusion : la France ne doit pas avoir peur. Tout va très bien Madame la marquise. Moi et mes victimes avons toujours tort d’exister et de déranger ces gens à table. On repassera plus tard. Un bouquin intitulé « la France bisounours » ne se serait pas vendu, croit savoir un intervenant en plateau. En attendant, François Hollande a été élu.

« Il parle comme certains groupes sociaux d’animaux », enchaîne l’animateur, histoire de laisser à ses téléspectateurs une image positive de mon travail.

Sauf que je compare, dans un passage de mon livre, la société toute entière à un bestiaire, ce que ne faisait pas la dernière campagne de publicité de la RATP (photo plus haut), sans qu’elle soit stigmatisée par Canal+. Si les sur-socialisés interdisent désormais toute métaphore animalière, j’espère qu’ils n’oublieront pas d’exhumer Ionesco et de brûler ses restes.

Merci à Canal+ de démontrer ce que je dis dans mon livre. Comme toujours, je ne peux que constater le décalage invraisemblable qui sépare la réalité de ces journalistes-là.

Laurent Obertone, le 25 février 2013. 

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Droit de réponse de Laurent Obertone à Médiapart

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Constatant que mon livre, La France orange mécanique, rencontrait un grand succès sans son autorisation, Médiapart, qui comme nombre de ses confrères misait tout sur la stratégie du silence, a décidé de passer au plan B : vomir sur le livre, à gros débit.

Il leur a fallu dix pages. À leur place, j’aurais économisé mon temps et résumé l’affaire en trois phrases.

1. Les victimes on s’en fout. 2. La réalité n’existe pas. 3. Bouquin de fasciste.

Mais Médiapart doit justifier l’euro demandé à ses lecteurs. Ils ont donc mandaté une journaliste ultra-objective (pas ce qui manque chez eux) pour tenter de nier une réalité qui doit rester médiaparto-compatible. Elle s’appelle Louise Fessard. C’est un individu a priori normal, doué de raisonnement. Mais entendons-nous bien : sa pensée ne lui appartient pas. Elle ne dit que ce que le parti a toujours dit. Plenel lui-même aurait dit exactement la même chose.

Si ça parle aux geeks : ces gens sont des bots. Et le programme ne date pas d’hier, il est farci de bugs. D’emblée, le bot, dépourvu d’empathie, se montre maladroit. Les victimes seront ainsi ravies d’apprendre qu’elles sont un « délire », que leurs agressions sont considérées comme un « bêtisier », en gros que leur histoire a bien fait rire les bots-journalistes de Médiapart, pour qui il n’y a que les conférences de consensus qui comptent.

Sans doute les bots ont-ils raison : je ne suis pas habitué, je me suis trompé de souffrance, trompé d’empathie, trompé de spécialistes. J’avais grand besoin de cette interminable liturgie techno-sociologique pour me convaincre qu’il fallait rire de ces victimes et de leurs agressions, et surtout pour convaincre le salaud qui me lit qu’il en est bien un, et pas le dernier.

Saint Edwy, priez pour moi.

Un « ultra-sécuritaire »

Ça commence fort : je suis favorable à la « vraie perpétuité », ce qui fait de moi un « ultra-sécuritaire ».

Naïvement, je croyais qu’on pouvait être favorable à la condamnation de vrais criminels à des vraies peines dans une vraie prison, comme c’est consigné quelque part dans ce grimoire obsolète qu’on nomme Code pénal. Je suis un monstre.

Pour m’en convaincre et histoire de se donner un début d’envergure, le lobby bisounours appelle à son secours une flopée « d’experts » qui, comme souvent, divisent leur prestation entre comédie et hors sujet. Pour se convaincre du sérieux des artistes, leur pedigree est à lire en fin d’article.

L’augmentation des viols n’existerait uniquement parce que les victimes se décident enfin à porter plainte (c’est le cas pour un viol sur dix). Donc Médiapart se satisfait de 200 viols par jour, chiffre qui n’est contesté par personne, et qui est sans doute considéré par ces journalistes comme une bonne moyenne historique. Bon rythme de croisière, pourvu qu’elle s’amuse.

Un expert nous précise d’ailleurs que ça a toujours existé, qu’on parlait de « droit de cuissage » au Moyen-Âge, légende noire qui fait encore bien rire les médiévistes, alors qu’en réalité les abus sexuels étaient à cette époque très durement sanctionnés. Le même expert ajoute « qu’on ne peut pas comparer » avec le Moyen-Âge, exactement ce que fait quelques lignes plus bas un autre expert, ce qui crédibilise rudement le travail du bot- journaliste.

Argument récurent : les viols sont « souvent le fait de proches de la victime » (en réalité de gens « connus » de la victime). Ce qui les rend nettement plus acceptables, hein, tant que ça reste entre gens connus… Pour le bot- journaliste, il est apparemment plus traumatisant de se faire violer par un étranger. Je ne suis pas un expert, mais ça sent le dérapage.

Le bot-journaliste affirme que j’ai prétendu à la télévision que l’ONDRP n’était pas public… Faux : j’ai dit exactement le contraire. Le bot-journaliste, lors de notre entretien téléphonique, m’a affirmé que mes chiffres étaient « connus ». Si c’est le cas, pourquoi tant de haine, cher bot-journaliste ?

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Peut-être parce que depuis la publication de mon livre, je n’ai pour l’instant rencontré personne qui savait que 200 femmes étaient violées chaque jour. Les bots-journalistes auraient-ils oublié d’accomplir leur premier devoir qui est, rappelons-le pour rire, celui d’informer ?

Lors de notre conversation, j’ai moi-même précisé à mon interlocutrice que donner à l’insécurité un chiffre global n’avait guère de sens, sauf pour montrer que la réalité du ministère de l’Intérieur n’était pas celle de l’ONDRP.

Mes premiers chiffres clés sont ceux-là : 13 000 vols, 2 000 agressions, 200 viols, toutes les 24h. Personne ne conteste ça, pas Manuel Valls, pas Nicolas Comte (patron de FO police), pas même Laurent Mucchielli, le sociologue ultime (que le bot-journaliste garde logiquement pour la fin).

Comme Médiapart ne s’intéresse pas à ces chiffres, j’en conclu qu’ils sont incontestables et significatifs. Donc incompatibles avec la « déontologie » dudit organe.

Et donc, je pose la question à Médiapart, de ces chiffres on se contente ? C’est correct ? Acceptable ? Tolérable ?

On attend la réponse.

S’ensuit un florilège que nous devons aux « spécialistes » cités par le bot-journaliste.

Le premier convient que les vols ont explosé, mais que c’est uniquement à cause du développement de la société de consommation. Ouf. Par exemple, la récente augmentation de 58% des cambriolages à Paris (Le Figaro) a tout à voir avec un sursaut de la société de consommation.

Dommage que ledit spécialiste n’ose pas étendre son imparable argumentaire au viol, et établir une corrélation entre longueur de la jupe et multiplication des agressions sexuelles, ça intéresserait beaucoup de gens.

Pour un autre spécialiste, si « les agressions physiques ont doublé », c’est la faute au Code pénal. À « l’inflation juridique ». Mais c’est bien sûr !

Ce n’est pas tout : les policiers exagèrent les faits, nous dit-on, car ils transforment des contraventions en délits ! Alors que depuis plusieurs années ils ont ordre de faire exactement le contraire… Les policiers sont donc accusés d’inventer l’insécurité.

Et rassurez-vous, tous ces spécialises ne voient « aucun signe crédible d’une augmentation des violences physiques graves ». Ces gens devraient vraiment aller à la rencontre des victimes de l’ultraviolence, mais sans doute qu’elles ne sont pas des « signes crédibles », même si les statistiques de l’ONDRP ne cessent de démontrer le contraire.

Encore une fois, tous les policiers vous diront (comme le patron de FO sur Paris-Première) que la criminalité qu’ils affrontent tous les jours est devenue tribale, ultraviolente, signe d’une rupture morale totale entre la société et les groupes criminels. Médiapart soutient-il que les agressions cigarettes ont toujours existé ? Que dans les années 50 on était battu à mort pour un regard ? Qu’on a toujours incendié un millier de voitures pour fêter le nouvel an ?

On ne sait pas. Le journal se garde toujours de donner son opinion, d’avancer ses chiffres, son analyse. On se demande bien pourquoi…

Le bot-journaliste s’attaque ensuite aux homicides, sans tenir compte de ce que j’en dis. À savoir qu’ils sont largement sous-évalués, comme je l’explique dans mon livre, dans un passage que le bot-journaliste a sans doute érasé de sa RAM. De nombreux homicides sont maquillés en « violences graves » suivies de décès. Il est fréquent de dissocier l’acte violent et la mort. Vous savez, la fameuse crise cardiaque qui survient quand la tête de l’individu bousculé heurte le trottoir. La chute « accidentelle » après le coup de poing. Très pratique, pour améliorer les statistiques.

Le chiffre des homicides est un des plus trafiqués de tous. D’autant que l’évolution de la médecine n’est à aucun moment évoquée par le bot-journaliste. Depuis 1985, le taux de mortalité lié aux cancers s’est effondré.

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Bizarrement, pas celui des homicides. C’est que nos chirurgiens en rattrapent, des traumatismes crâniens…

Dans une brève partie économique, Médiapart compare sérieusement des « milliards d’euros de 1950 » (sic) à des « milliards d’euros de 2011 ».

Je me suis contenté de comparer des taux de criminalité. Il est vrai que la dévaluation est aussi passée par là : le bot-journaliste s’obstine à parler de « délinquance » pour qualifier la criminalité.

Le bot-journaliste explique ensuite sans ciller qu’en fait la justice française n’est pas laxiste. Pourquoi ? Parce qu’il y a de plus en plus de gens en prison. Alors que la courbe de l’incarcération est loin de suivre celle de la criminalité… Mais la criminalité ne s’aggrave pas, rien à voir.

Qu’on se rassure, pour clarifier les choses, Taubira a décidé de vider les prisons.

La série justice est la plus malhonnête, tant les chiffres bidons s’y accumulent. Mensonges sur les taux de récidive. Seuls « 3,9% » des criminels sexuels sont des récidivistes. La sévérité des peines ne préviendrait pas la récidive.

Je me cite :

« Selon une étude menée par le ministère de la Justice et rendue publique en mai 2011, près de 60 % des détenus condamnés récidivent dans les 5 ans. Ce taux grimpe pour les condamnés pour vol simple (74%), vol aggravé (67%) ou pour les condamnés pour coups et blessures volontaires (76%). On peut également citer les taux de récidive très impressionnants des condamnés pour viol sur mineur (19%), pour homicide (39%) ou pour viol sur adulte (39%). Plus de la moitié des récidivistes (54,6%) ont été condamnés à nouveau dans la première année de leur libération. Les trois-quarts d’entre eux (76 %) le sont dans les deux ans suivant leur libération.

Point très intéressant : les condamnés à de courtes peines récidivent beaucoup plus que les condamnés à de longues peines. Ainsi un homme condamné à une peine inférieure à 2 ans de prison récidivera deux fois plus qu’un homme condamné à une peine supérieure ou égale à 5 ans de prison, ce qui démontre superbement l’utilité des peines sérieuses ».

Calcul simple : un violeur avec arme, si on l’enferme trente ans, ne fera plus de mal à personne pendant trente ans.

Voilà la prévention de la récidive.

Avec les « conférences de consensus », on préfère condamner des innocents à croiser ceux qui en sont à leur dixième tentative de réinsertion infructueuse. C’est moderne.

Pour la peine de mort, Médiapart sort enfin le grand jeu : Laurent Mucchielli himself. On l’attendait avec impatience… il commence doucement (c’est un diesel) en expliquant qu’il n’y a aucun lien entre criminalité et peine capitale.

Comme tous ses amis, Mucchielli considère la justice comme une thérapie, jamais comme une punition. Là encore,

j’assume ma position d’hérétique : avant de comprendre, d’excuser, d’aider ou de justifier, la justice doit d’abord punir.

Et j’ai la faiblesse de croire qu’un viol vaut plus cher que deux ans de prison-Playstation aménagés.

À propos des émeutes d’Amiens, le bot-journaliste s’énerve parce que j’affirme qu’il n’y a pas eu d’interpellations pendant l’action. Je maintiens. Qu’on ait arrêté deux émeutiers quelques jours plus tard pour les condamner à du sursis a dû faire une belle jambe aux Amiénois…

Le bot-journaliste admet ensuite que si Taubira ne veut plus enfermer les mineurs, elle a décidé de ne pas mettre dehors sur le champ tous ceux qui sont en train de purger leur peine, il faut bien ménager la triste côte de popularité du seul président assez entamé pour lui confier ce qui reste de notre justice.

Le bot-journaliste évoque la Corse, là encore sans contester mon affirmation (et pour cause) : elle est moins criminogène que la moyenne nationale et beaucoup moins criminogène que la Seine-Saint-Denis, où on a l’immense chance de se faire massacrer tout à fait par hasard, ce qui a l’air de plaire à Médiapart.

Le rire métallique du bot-journaliste résonne quand je dresse les avantages liés aux ZUP, sans les contester aucunement. Le bot-journaliste croit s’en sortir simplement avec deux chiffres : le chômage et le seuil de pauvreté. Et donc ? Vous avez vu les taux de chômage et de pauvreté de la Creuse ? Oui la population des ZUS est avantagée. Par exemple, ce n’est pas la Creuse qui bénéficiera de l’énième plan banlieue annoncé il y a quelques jours par Ayrault, qui consiste à aider les entreprises embauchant des « jeunes » issus de ZUS.

Les jeunes de la Creuse ? Ils ne brûlent pas de voitures. Pour Mucchielli, la « densité urbaine » est criminogène.

Japon : 11 meurtres par an. Vous avez une idée de la densité du Japon ? Et ne m’objectez pas que « c’est culturel », Mucchielli l’interdit.

Le « chômage » est criminogène. Il y a 10% de chômeurs en France. Vous avez entendu, vous qui étiez bêtement des pauvres honnêtes ? Mucchielli vous donne son feu vert. Cassez, pillez, brûlez, vous avez le mot d’excuse du sociologue.

On attend qu’il nous explique pourquoi la MAJORITÉ des enfants qui ont une famille déstructurée, des parents violents, un logement insalubre, des mauvaises notes, pas de perspective d’avenir, pas de cinéma à proximité, s’obstinent à ne pas tabasser ceux qui n’ont pas de cigarette.

Troisième essai : « l’ampleur des inégalités » est criminogène. Plenel s’est assez tué à le dire, fallait écouter Moscou.

Vous constaterez au passage que tous que les voyous des ZUS sont souvent très misérables, obligés de rouler dans des berlines allemandes et réduits à porter des vêtements de marque. Légitime vexation consumériste post- coloniale qui les pousse sans doute à tabasser du bourgeois pour compenser un œdipe mal digéré résultant de l’exclusion et du tutoiement policier.

Pour le rapport immigration-insécurité, on nous explique que ce n’est qu’une « idée fixe » du criminologue Xavier Raufer. Sauf qu’absolument personne ne le nie plus depuis des années, pas même Malek Boutih (« On n’est pas couché », 10/11/10) : « Quand je regarde le centre des jeunes détenus de Fleury-Mérogis… je constate que la proportion de jeunes des minorités visibles, Africains, Maghrébins, est exceptionnel par rapport à ce qu’ils représentent dans la société française ».

Pas même Jean-Claude Sommaire, ex secrétaire général du Haut Conseil à l’immigration (Rue89 du 11/01/13) : « Dans tous les quartiers sensibles et au-delà, les incivilités et la petite délinquance sont restées à un niveau élevé, les incendies de voitures et de bâtiments publics ou privés n’ont pas régressé et les violences à l’égard des personnes ont augmenté… Ces violences et cette délinquance, dont il n’est plus possible d’ignorer que les auteurs sont très souvent d’origine maghrébine et, de plus en plus, africaine subsaharienne… Une tendance à une ghettoisation de beaucoup de quartiers que l’on continue, par nostalgie, à qualifier de populaires alors que plus personne n’a vraiment envie d’y habiter… »

« Cette réalité de la sur-délinquance des jeunes issus de l’immigration, dérangeante pour beaucoup d’acteurs hantés par le remord post-colonial, gagnerait aujourd’hui à ne plus être occultée au prétexte de ne pas stigmatiser les populations concernées. En effet ce sont ces dernières qui, en assistant souvent impuissantes à la dérive de leurs enfants, sont les premières victimes de cette trompeuse bienveillance… »

Je dis quoi d’autre, dans mon livre, cher bot-journaliste ? Rue89 aussi est un organe fascisant ? Malek Boutih aussi fait le jeu de l’extrême droite ?

Sur le sujet de l’immigration, le bot-journaliste reste très évasif. Il conteste çà et là quelques chiffres, mais ne donne jamais son opinion sur le fond. Pratique.

Alors moi je lui demande, à elle, à Saint Edwy et à son parti, une réponse claire : oui ou non les deux tiers de la criminalité sont-ils le fait d’immigrés et de gens issus de l’immigration ?

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Il suffit d’aller à la sortie d’une prison. Il suffit d’assister aux audiences. Il suffit de lire les études de chercheurs apolitiques, comme celles de Sébastien Roché ou de Hugues Lagrange. Preuve de leur sérieux : ils ont refusé de répondre aux sollicitations de Médiapart.

Pour résumer, il suffit d’avoir des yeux et de s’en servir. Normalement un nourrisson y parvient, sans aide extérieure.

Pour nier la sur-représentation de certains immigrés dans les statistiques criminelles, il y a deux écoles. La négation, ou la justification.

Le bot-journaliste a décidé de ne pas choisir, puisqu’après avoir tenté de nier certains chiffres, il essaie malgré tout d’expliquer la « sur-délinquance » de ses protégés.

Font-ils « l’objet de discriminations de la part de l’appareil policier et judiciaire français, qui a tendance à cibler la délinquance d’ordre public issue des quartiers populaires, et les punit plus sévèrement ? » Ont-ils « plus de chance de tomber dans la délinquance de par leur relégation dans certains quartiers défavorisés marqués par l’échec scolaire, le chômage et la pauvreté ? »

En clair : « c’est la police » et « c’est l’exclusion ». Tout ça pour ça !Des pages de pinaillages évasifs pour en fin de compte nous ressortir la version la plus périmée de la culture de l’excuse…

À cet instant, Mucchielli devient sans surprise le personnage central de la « contre-enquête » de Médiapart. Qui d’autre que lui pouvait nier à ce point la réalité ?

Mucchielli nous explique donc que « la variable ethnique » disparaît dès que sont prises en compte « d’autres variables ». Le contraire de ce qu’affirment Hugues Lagrange et Sébastien Roché, qui eux n’ont jamais prétendu qu’on « inventait » la délinquance.

Le bot-journaliste, manifestement en pilotage mucchiellique, empile des chiffres pour finalement conclure que ce que je dis est vrai. Mais à condition d’y ajouter le jargon socio-psychanalytique de rigueur, pour faire semblant de normaliser des problèmes qui ne se posaient pas quand l’autorité existait… En gros pour nous apprendre à tout accepter et à la fermer, histoire de retarder le grand carnage au maximum.

Je précise dans mon livre -peine perdue- que seules certaines franges d’une certaine immigration sont concernées, en particulier les franges culturellement les plus éloignées des sociétés occidentales. Précision incompatible avec les circuits imprimés du bot-journaliste.

Le fait qu’un spécialiste comme Bauer répète « ad nauseam » que l’ultraviolence touche de plus en plus d’individus, de plus en plus jeunes, n’est pas audible pour le bot-journaliste, qui en conclut que c’est un moyen « de faire le jeu de l’extrême droite », ce qui est sans doute et depuis toujours la seule et unique préoccupation d’Alain Bauer.

En tout cas, Médiapart sait qui remercier. Sans son extrême droite comme béquille, pour empêcher toute sa « démonstration » de s’effondrer, le bot-journaliste n’aurait pu aller au bout de son « investigation » Mucchiellesque sans se cramer le logiciel.

Tout l’article repose sur cette « stigmatisation » permanente, pour reprendre un terme si cher aux bots- journalistes. Parlez de l’insécurité sans excuser les criminels, ayez de l’empathie pour les victimes : vous êtes un nazi. Il a fallu à Médiapart dix pages de barbouillis pour m’excommunier.

Les Mucchielli parlent aux Mucchielli.

Médiapart regrette d’ailleurs que ses petits confrères (20minutes, le Point, les Échos) aient évoqué mon livre sans le traîner suffisamment dans la boue. Ne parlons même pas de ceux qui ont publié une critique positive, dont Atlantico.

J’espère vraiment que pour son courage et son originalité, le bot-journaliste sera récompensé par Saint Edwy, peut- être félicité par Stéphane Hessel, décoré par le CNRS, éventuellement cité par le MRAP, que sais-je encore ?

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Accessoirement, depuis la parution de mon livre, j’ai reçu des milliers de messages de remerciements, souvent écrits par des victimes.

Je doute que Médiapart en reçoive un seul. Mais ce n’est pas ce pourquoi les bots-journalistes sont programmés.

Saluons la Machine. Inclinons-nous devant cette mécanique de négation des victimes. Pas un mot pour Pauline, Anne-Lorraine, Laetitia, Simon et tous les autres. Pas le début d’une compassion, d’une répulsion, devant la violence absurde et barbare qui frappe tous les jours nos concitoyens.

C’est ça qu’Edwy Plenel qualifie de « grand journalisme ».

Pas un mot non plus sur la partie du livre qui explique que l’hétérogénéité d’un pays lui est toujours préjudiciable, ni sur celle qui explique que la plupart des médias nationaux (Médiapart y compris) sont des organes de l’État qui ne survivent que grâce au contribuable.

Oui, les bots-journalistes sont des bots-fonctionnaires.
Dans leur logiciel, la réalité n’est plus minimisée, elle est criminalisée. Hérétique.

Que dois-je faire, Très Saint Edwy, pour sauver ma place dans le Paradis terrestre que vous vous efforcez de nous construire ?

Expier mes fautes ?

J’ai mal vu. J’ai cru que les crimes étaient graves, qu’il fallait en parler, qu’on pouvait défendre les victimes, qu’on pouvait désigner les coupables, qu’on devait les responsabiliser, en commençant par arrêter de leur trouver des excuses. J’ai cru que les conférences de consensus et le réseau de sociologues de Médiapart ne parviendraient pas à triompher de la réalité. J’ai compris que cette dernière n’était qu’une chose infiniment malléable, une construction, que l’insécurité était un fantasme ou au pire le fruit de l’inégalité, que tout était social, que j’étais un salaud et que mes victimes n’existaient que dans leur tête.

Les bots-journalistes peuvent d’ores et déjà vaquer à d’autres urgences. Par exemple se demander si tous les ministres paient bien leurs loyers, ou si les secrétaires d’État ne sont pas en train de sous-louer leurs appartements.

Un euro, pour la rigolade, c’est vraiment tout ce que ça vaut.

Mon livre à moi en coûte 18. Moins rigolo et tout à fait extrême. Comme la réalité.

Featuring

-Nicolas Bourgouin, le « spécialiste du viol » qui ne s’est pas encore aperçu qu’ils étaient largement correctionnalisés.

-Christophe Soullez, « directeur de l’ONDRP », qui en 2013 croit encore au droit de cuissage.
-Véronique Le Goaziou, qui explique que plus de la moitié des viols sont commis hors cadre familial (soit plus de

100 par jour) et que donc tout ça n’est pas si alarmant.

-Philippe Robert, « chercheur émérite au CNRS », le seul homme au monde pour qui les chaises et les tables ont des pattes, qui pense en outre que les policiers ne savaient pas compter avant 1950.

-Renée Zauberman, qui explique l’augmentation de la criminalité par « l’inflation judiciaire ». Plus de lois = plus de crimes. Tout s’explique !

-Thierry Godefroy, l’économiste qui sait mieux que l’autre économiste.
-Annie Kensey et Abdelmalik Benaouda, que le bot-journaliste mal-comprenant cite pour leur étude de référence

sur le fort taux de récidive avant d’affirmer deux lignes plus bas que la récidive n’est pas importante. Erreur système.

-Nicole Maestracci, hyperbole taubiresque, spécialiste d’une neutralité sans équivalent, ce qui lui permet d’ailleurs de présider la « conférence de consensus », convoquée pour expliquer que la France a la capacité carcérale du Liechtenstein et qu’elle en est fière.

-Franck Johannès, journaliste au Monde, admirateur de la précédente.
-Robert J. Sampson, professeur utilisé malgré lui pour étayer l’argumentation désopilante en vertu de laquelle les

noirs sont plus criminels que les blancs non par la culture mais par la famille. -Laurent Ozon, qui s’occupe à son insu des statistiques de la police norvégienne.

-Jean-Baptiste Pointel, LE spécialiste du droit scandinave, qui tenait apparemment beaucoup à préciser qu’en Norvège on recensait moins de viols violents que de viols délicats.

-Amnesty International, organisme connu pour son objectivité, qui a le mérite de préciser que les viols en Suède sont à 40% commis par « des connaissances superficielles » des victimes. De quoi se plaignent-elles ?

-Mathieu Rigouste, « militant et chercheur » (sic), auteur deLa domination policière, une violence industrielle, le seul homme au monde qui pense que « les médias, l’administration, l’université » sont manipulés par des militants d’extrême droite.

-Alain Bauer & Xavier Raufer, les deux criminologues les plus réputés de France, qui ne sont apparemment là que pour se faire traiter de vieux fascistes, désolé pour eux.

And a very special guest :

-Laurent Mucchielli, qui a récemment affirmé que mon livre était scandaleux mais que mes chiffres étaient… justes.

Scandaleux, comme la réalité.

« Dans la demi-vie où en conserve ils croupissent, ils perçoivent encore vaguement la vie extérieure, façon intra- utérine, mais ils ne la comprennent déjà plus… Tout s’éloigne d’eux… Brouillard et confusion ».

Ubik, Philip K Dick.

Laurent Obertone, le 21 février 2013.

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